Enigme n° 13 octobre / 2013

Issu d’une famille française modeste pied noir d’Algérie, fils et petit-fils de gendarme, je suis né en décembre 1888 à Bône (département de Constantine). Je sors major de la promotion de Fez de Saint-Cyr en 1912, promotion dont faisait partie Charles de Gaulle.

Sous-lieutenant, je suis affecté au protectorat français du Maroc où, jusqu’en 1914, je participe aux opérations de pacification. Lors de la 1ère guerre mondiale, je participe, avec les troupes marocaines, aux combats de la Marne en septembre 1914. Grièvement blessé en Champagne en mars 1915, je perds définitivement l’usage de mon bras droit. Je reste huit mois à l’hôpital avant de retrouver le front. Nommé capitaine en avril 1916, je combats ensuite au sein du 1er régiment de tirailleurs marocains.

En 1921, mes résultats sont si bons à l’école de guerre que je suis maintenu comme professeur stagiaire. Je sers ensuite de nouveau en Afrique du Nord sous les ordres du maréchal Lyautey. Nommé général de brigade en 1938, je reçois à la mobilisation de la 2ème guerre mondiale, le commandement de la 15ème division d’infanterie motorisée. Couvrant la retraite sur Dunkerque, mon unité est encerclée dans la poche de Lille et je suis fait prisonnier et interné à la forteresse de Königstein.

A la suite des accords de Paris, négociés par Darlan avec l’Allemagne, je suis libéré en juin 1941 à la demande du gouvernement de Vichy, comme d’autres officiers réputés pour leur connaissance de l’Afrique, et intégré à l’armée de Vichy.

En 1943, je suis nommé par de Gaulle à la tête du corps expéditionnaire français en Italie. En 1944, je fais adopter par les alliés un plan de manœuvre  audacieux qui consiste à briser la ligne Gustav en enveloppant le mont Cassin par les tabors marocains du général Guillaume et le 4ème régiment de tirailleurs tunisiens. L’assaut remporte un succès total.

Je prends une part active dans l’offensive sur Rome et libère les faubourgs Est de la Cité Eternelle. Après avoir pris Sienne, je suis appelé à Alger comme chef d’Etat-Major de la défense nationale.

En 1945, j’avais l’intention de venir témoigner au procès du maréchal Pétain avec l’autorisation de de Gaulle. Je me vis dans l’impossibilité de le faire car envoyé intentionnellement par ce dernier en mission en Allemagne.

Ma conception du patriotisme m’éloigne de de Gaulle à qui je signifie mon désaccord sur la question algérienne. Ce qui me vaut une mise à l’écart totale de la vie publique et d’être privé des avantages dus à mon rang.

En juillet 1952, je suis le seul général de la 2ème guerre mondiale à recevoir le bâton de maréchal de France de mon vivant.

A ma mort en janvier 1967 à Paris, de Gaulle refuse que le chant des Africains, hymne de l’armée d’Afrique, puis des pieds noirs soit joué. 


Réponse: Maréchal Alphonse Juin

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Un commentaire pour Enigme n° 13 octobre / 2013

  1. jetez un oeil dit :

    Vraiment très complet. Merci beaucoup, je cherchais une synthèse aussi bonne depuis uin moment.

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