Enigme n° 14 Novembre / 2013

Je suis né à Arras (62) en 1758, je suis issu d’une famille de la petite bourgeoisie. Jeune homme pauvre et doué, je poursuis des études qui me mènent au métier d’avocat.

Je suis élu député du Tiers Etat aux Etats Généraux après avoir fait une campagne publique. Représentant de l’extrême gauche démocratique à l’occasion d’une loi électorale * censitaire contre laquelle je suis l’un des seuls députés de la Constituante à m’élever. Au début de 1791, au club des Jacobins, je suis aussi l’un des premiers à me déclarer favorable au suffrage universel.

Adversaire de la déclaration de guerre en 1792, je m’oppose aux Girondins et passe au 1er rang de la scène politique avec la chute du roi en août 1792. Elu député à la Convention, je réclame la déchéance de Louis XVI et deviens l’un des chefs de file des Montagnards.

Appuyé par les sans-culottes parisiens, je suis alors l’un des principaux artisans de la chute des Girondins en juin 1793. Je suis aussi à l’origine d’une loi de juin 1794 qui instaure la Grande Terreur, ôtant aux accusés toute possibilité de défense ou de recours.

Malgré les victoires révolutionnaires, ma situation politique se dégrade très vite. Le comité de sûreté générale engage la lutte avec le comité de salut public. J’y suis contesté par Billaud-Varenne et Collot d’Herbois. Mes adversaires nouent un complot avec le centre de l’Assemblée.

En juillet 1794, je suis empêché de m’exprimer à la Convention, je suis invectivé de toutes parts. Puis soudain un certain Louchet, tout juste connu demande le décret d’accusation contre moi. Les gendarmes m’arrêtent avec Saint-Just et Couthon. Mon jeune frère et Le Bas se joignent volontairement à nous.

Chaque prisonnier est conduit vers la prison qui lui est assignée. Mais le même scénario se reproduit à chaque fois, dès que mon nom est prononcé, le geôlier refuse de laisser entrer les gendarmes et leur prisonnier.

Pendant près de 2h au Quai des Orfèvres je reste indécis ne sachant pas quoi faire. Un émissaire de la municipalité vient me dire: « En te sauvant, tu sauves la liberté » ! A 21h, comme un automate, je rejoins l’Hôtel de Ville. Les autres prisonniers libérés par la Commune m’y attendent.

Mise au courant des évènements, l’Assemblée s’affole. Les troupes de la Commune s’approchent des Tuileries. Les députés reprennent courage, mettent immédiatement mes amis hors la loi, ce qui équivaut à la mort sans procès. On charge Barras de mater l’émeute.

Barras fait irruption à l’Hôtel de Ville où je suis réuni avec mes amis. Des coups de feu éclatent, Le Bas se suicide, Couthon tombe du fauteuil, mon frère saute par la fenêtre et se brise la cuisse. Je suis gravement blessé à la mâchoire.

A 15h, les prisonniers sont extraits de la Conciergerie pour être conduits au tribunal révolutionnaire. L’accusateur public Fouquier-Tinville va requérir contre ses anciens chefs.

Quelques heures plus tard tout est fini. Un après-midi de juillet 1794, sous les acclamations de la foule je suis guillotiné Place de la Révolution (de la Concorde) avec mon frère et mes amis. Les jours suivants, 80 de mes partisans sont exécutés.

* Censitaire: Système électoral dans lequel le droit d’être électeur ou éligible n’est accordé qu’aux citoyens payant un minimum d’impôts.

Réponse: Maximilien de Robespierre

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