Le journal « Côté centres » à (re)découvrir!

abstract ancient antique area

Thème choisi par les rédacteurs et les rédactrices en 2016 : les relations interculturelles dans les centres sociaux.

A moi toute seule

 L’année 1962 j’ai immigré en France.

Au sein  de ma famille, il y a plusieurs cultures par alliance. D’une part, de descendance turque, algérienne, espagnole et française.

Quant à mes parents ils ont hérité, de toute cette culture dont je fais partie. Pour moi même, mon époux est de culture japonaise, c’est pour vous dire que j’ai grandi, et vécu parmi l’interculturalité .

Cette interculturalité, je l’ai découverte aussi, au centre social Jolimont où je suis adhérente. Nous apprenons ensemble, lors de divers ateliers que nous organisons avec l’équipe responsable du centre, à échanger nos idées, partager nos connaissances diverses et variées, à transmettre aussi d’autres modes de vie culturelle que le nôtre. Ceux-ci plus enrichissants les uns que les les autres, et surtout dans le respect de chacun, la bonne humeur, la convivialité, la joie d’avoir pu apprécier toutes ces nouvelles choses que l’on n’aurait pas découvertes sans l’acceptation de la différence de l’autre et de pouvoir faire la fête et partager ensemble toutes ces belles choses de la vie tout en se rapprochant et en créant des liens qui nous unissent et nous permettent de passer des moments inoubliables.

J’ai voyagé toute ma vie en restant sur place.

 Anissa, Centre social Jolimont-Soupetard

  Patchwork France

 Je viens d’un pays étrange où les arbres sont bleus, les gens de mon pays… mais non je rigole, je suis tellement française que je peux dire que je suis gauloise.

Voilà 30 ans que j’ai épousé Toulouse (plus facile qu’un mec).

Pourtant quelqu’un s’est permis un jour  de me dire de retourner dans mon pays ; et ses origines à lui n’étaient pas d’ici.

Dans les centres sociaux nous défendons la mixité, nos centres sont laïques, et la politique ne franchit pas le seuil.

Tout est fait pour valoriser « les lettres » et « la langue », et en favoriser l’accès à tous, par des ateliers d’écriture.

Nous sommes tous des étrangers, je suis étrangère à Toulouse, chez moi dans le métro on ne parle pas Occitan, Ma région est la Thiérache en Picardie, et nous avons un patois également.

Les régions d’à côté nous traitent de doryphores, mais les toulousains appellent doryphores les bordelais ; Pour y comprendre quelque chose, je ne sais pas de quelle région il faut venir.

J’ai un neveu qui est Docteur en Recherches à Boston (Amérique) depuis 4 ans ½,je sais qu’il ne parle que américain/anglais. Il pense et rêve même en anglais et quand il vient dans la famille il cherche ses mots français. On peut dire qu’il a bien adhéré aux U.S.A.

Au centre social de Jolimont il y a un club de jeux de dames et en octobre se déroule un championnat du Monde, et là, on peut dire que les peuples se rencontrent.

Les médias nous montrent des événements qui ne devraient pas avoir lieu.

Moi, je préfère parler des rencontres, des échanges de savoir inter-origines.

Au centre social nous avons fait « la cuisine du Monde », avec un peu d’histoire et de géographie selon le pays visité et pour ne pas perdre tout cela nous en avons fait un livre.

Devenez rédacteurs au journal Côté centres et vous pourrez voir la bonne cuisine que nous pouvons faire avec les mots de tous.

 

Eul tiot mite y’s baladeu sur eul mu. Eul tiote nénette al vouleu l’eurluquer, al preneu eune cayelle et leu’r r’gardeu par eul fénêtre. El tiot mite y’l voyeu et y’s bareu.

Et voilà, min tiot fieu, ça c’est mon patois, à moi, dans mon pays : la France, ma région eul Thiérache.

En France on entend parler plein de langues, dans certains pays on ne parle que la langue du pays, alors, nous, notre patois on le garde comme un beau secret.

Maryse, centre social Jolimont-Soupetard   Le Picard est une langue romane dite langue d’oïl. Premier texte en langue d’oïl en l’an 880 ou 881.

 Du Pindjour à Rio loco

Pindjour, Revhitosalta, Salmorejo, Focaccia ! Ah ! Que de drôles de noms !  Qu’ es aquo ? Vous direz-vous dans la bonne vieille langue  occitane .Et bien  non ! Ce ne sont pas des « gros mots » ! Ce sont, sans entrer dans le détail, des recettes culinaires étrangères, respectivement des Balkans, de Grèce, d’Espagne, d’Italie. Je les méconnaissais et les ai découvertes grâce au  Centre Social. Depuis que je le fréquente j’ai pu constater combien, dans ses activités, celui-ci intégrait l’ouverture vers d’autres cultures. Déjà nombre d’adhérents ont des origines géographiques diverses et les simples échanges permettent  de connaître des habitudes de vie différentes des nôtres. On s’aperçoit que chaque individu  finalement, par sa naissance, son éducation, son histoire, le milieu  dans lequel il a grandi est une culture à lui tout seul.
Par delà cet enrichissement au contact de l’autre, nombre d’activités sont organisées autour de thématiques permettant l’approche d’autres cultures : ateliers de cuisine interculturels à l’occasion d’une semaine de l’Europe ; voici quelques années : découverte de la civilisation de Nouvelle- Calédonie grâce une stagiaire de ce lointain territoire, repas partagé martiniquais où aux saveurs exotiques des Antilles étaient mêlées les chaudes couleurs de la décoration, et des madras féminins confectionnés par les participants. Sans compter les ateliers permanents en particulier celui  de cuisine où ponctuellement on apprend à réaliser  des recettes venues d’ailleurs. Autant de moyens de s’évader, de se propulser vers d’autres horizons, d’accepter avec modestie que la France n’est pas le cœur du monde et d’apprendre la tolérance.
Le centre social ne manque pas d’inciter ses adhérents à participer aux grandes manifestations locales  interculturelles comme, le festival Rio Loco qui met en avant chaque année une culture différente. Il peut même prêter son concours en présentant les créations de ses adhérents comme, en 2015, des portraits à base de  collages.
Bref, en y réfléchissant bien, on s’aperçoit  que l’interculturalité est très souvent présente au Centre Social et c’est tant mieux car elle nous éloigne de cette néfaste étroitesse d’esprit qui conduit au rejet  de l’autre et au repli sur soi. Nous nous devons d’encourager les activités qui intègrent le dialogue des cultures .
Jacques, ex Centre Social Polygone-Arènes Romaines

 

Un repas  au printemps de septembre : saveurs du monde,

art et citoyenneté (2016)

 

Dans la perspective d’une participation au festival d’art contemporain le Printemps de Septembre, les centres sociaux, au printemps 2016, avaient été sollicités pour imaginer un projet mêlant cuisine et diversité culturelle. Les centres de Reynerie, Empalot et Polygone-Arènes romaines répondirent favorablement à cet appel et se concertèrent pour préparer un repas «performance ».
A Polygone revint la mission de confectionner les desserts. Quatre séances pour mener à terme ce projet . Les deux premières, avant les vacances, sont consacrées à la réflexion, au choix de pâtisseries liées à des souvenirs intimes d’adhérents . « Ô qu’ils étaient bons les petits roulés aux fruits secs qu ‘Atika inventa en Italie ! Et les fars bretons de Chantal ! Quel régal jadis ! »
Voilà la rentrée. Allez ! Au boulot ! Plus que deux séances ! Un groupe de huit pâtissiers soudés par la même motivation, le même engagement, avec enthousiasme et ardeur  plonge ses mains dans la farine pour en faire jaillir  de merveilleux petits délices sucrés…Pour 120 personnes !! Et attention ! Sous la houlette experte d’un artiste, Monsieur Mohammed Bourouissa, qui apporte aide et conseil et pose la dernière touche  sur la présentation.
C’est enfin les 24 septembre. Rendez-vous, sous un beau soleil, au jardin du couvent des Chartreux. Venus de tous horizons, nous sommes répartis au hasard autour d’une dizaine de tables et invités à savourer les mets des plus variés qui se succèdent  dans  une parade bien pensée, mais aussi à converser convivialement autour de sujets concernant la citoyenneté qui vont de l’égalité homme-femme à l’art dans la société…Le tout ponctué par des chants de la chorale « le cri du cœur » conduite par l’excellent pianiste Christophe Chassol . Enfin tout le rituel d’un repas réussi !
Belle journée qui nous a permis, à travers la diversité de saveurs de toutes origines, d’échanges des plus humains, de vivre une expérience unique, enrichissante, orchestrée par le maître d’œuvre Mohammed Bourouissa et son équipe. Un moment qui restera à jamais gravé dans nos mémoires.

Gilberte et Jacques  ex Centre Social Polygone- Arènes Romaines

 UN AUTRE MONDE MOLECULAIRE

Notre centre nous a proposé  un atelier de cuisine moléculaire.

Alors que nous imaginions des fumées emplissant la pièce, nous nous étions bien trompés et l’expérience fut toute autre.

En effet, au cours de cet atelier itinérant animé par Chantal, intervenante d’ une entreprise toulousaine de vulgarisation des sciences qui s’adresse à tous publics, des enfants aux adultes, nous avons réalisé des grains de caviar de différentes couleurs et des spaghettis à partir de simples sirops naturels : fraise, menthe, coca , banane, kiwi et d’additifs comme l’agar-agar…

Tels des chimistes dans un laboratoire, nous avons manipulé pipettes, seringues, tuyaux en silicone, effectué des dosages et des pesées précises.

Le résultat fut bluffant et la confection de ces trompe-l’œil nous a beaucoup amusés.

Au cours de cet atelier qui s’est clôturé par la dégustation de nos réalisations à laquelle nous avons convié des personnes non participantes mais présentes à la maison de quartier, nous avons eu droit à des explications succinctes et claires sur les molécules et leur transformations et, pour la plupart, nous nous sommes souvenus de nos lointains cours de chimie du lycée, qui, soit dit entre nous, n’étaient pas aussi attrayants.

Alors,  si à vous aussi, on vous propose de vous initier à la cuisine  moléculaire, laissez de côté vos a priori et venez découvrir une autre culture : la culture scientifique !

Mireille, centre social Rangueil

 

Acrostiche :

Initiation
Nationalités
T
erritoire
E
criture
Rassurer
C
entre social
U
nion
L
aïcité
T
rouver
U
nanimité
R
essources
A
lliance
L
iberté
I
nterculturalité
T
empête
E
légance

Maryse, centre social Jolimont-Soupetard

 

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