Qu’avez-vous fait aujourd’hui ?

« Qu’avez-vous fait aujourd’hui ? » est une rubrique qui vous invite à partager votre réflexion sur un épisode, une expérience pour nous faire tous avancer vers une meilleure compréhension des uns et des autres, pour enfin voir avec le coeur. 

Le jour le plus extraordinaire!

Aujourd’hui, c’est les vacances, mon dernier jour passée à l’école mater des petits!

Les enfants sont de plus en plus agités dans le dortoir, courses en folie et je saute sur le lit et je joue… mais quoi qu’il en soit la consigne est donnée qu’ils doivent rester deux heures au lit jusqu’au dernier jour…

Du côté des plus grands? Aujourd’hui cette dernière journée de classe, c’est jouer, jouer, ranger et bien sûr ce jour-là on mange des sucreries: les traditionnels carambars c’est d’la barre et les chamallows. Puis la récré, c’est chouette car pour les petits comme pour les moyens et les grands, ça dure vachement plus longtemps! les enfants ont une soif de loup car il fait vraiment trop chaud ce 7 juillet.

Au boulot, mon quotidien c’est la surveillance du dodo des petits puis à trois heures jusqu’à 16h15, je travaille avec l’institutrice des grands. Après le soir de 17h à 19h c’est ménage des classes chez les élems (les primaires).

Au fait, hier ce fut une bonne nouvelle, car j’étais informée que j’ai obtenu mon CAP Petite enfance. Youpi l’école est fini!

Pour mon fiston de 9 ans bientôt dix, il est bien arrivé au Sénégal avec son papa. A peine arrivé qu’il joue au foot avec d’autres gamins. Pour lui les vacances c’était hier le jeudi!

Malika

Dans la banalité des jours

Tous les mois de mai je sème des ipomées. En hommage à ma mère qui ne manquait pas la saison. Mon jardin est un inventaire à la Prévert. Certaines plantes sont là officiellement et d’autres se sont installées au gré du vent. Le carré de simples qui tous les jours m’enivre. A commencer par le basilic, la marjolaine, la menthe poivrée, romarin, persil, thym, un petit citronnier et de l’oseille. Deux buissons de chèvrefeuille me bousculent quand je passe . Et leurs effluves capiteuses me rejoignent la nuit quand je suis dans mon lit. Les invitées officielles sont l’agapanthe qui est en train de fleurir de quatre ombelles parme bien raides, un coin avec un bougainvillier qui lui dispute l’espace en grimpant le long du mur. J’ai planté deux tomates. Les plus grosses mûrissent . J’en ramasse une tous les jours que je croque avec délice et hume l’odeur du feuillage qui me ramène dans l’enfance. Plus loin une grosse poterie avec de petits œillets rose indien qui pétillent quand ils fleurissent. Et dans un autre coin un petit olivier qui porte trois olives que j’ai découvertes ce matin. Un gros hortensia. Un coussin de campanules qui sont là depuis plusieurs années et qui fleurissent sagement à l’heure dite. Un pied de lavande gris argenté. Et au milieu de tout ça viennent des pieds d’alouette qui se débrouillent et fleurissent de fleurs légères violettes et roses. Et des belles de nuit qui arrivent de je ne sais d’où. Toute la nuit depuis un mois j’entends les grenouilles en mal d’amour qui s’époumonent .

Ce matin le héron est là. Évanescent, élégant et silencieux.

Un pigeon se met à roucouler d’une voix obscène. Je le chasse à coup de balais avant que le chat ne le plume.

Un ipomée a fleuri, il a ouvert son parapluie d’un bleu suave. Une pure émotion.

Ce jardin extraordinaire n’est en fait qu’un balcon devant la Garonne.
Mine de rien sous sa fausse douceur le fleuve charrie toutes les saisons après lui.

Simone P.

Trois mètres de trop…

Au détour d’une rue j’entends des éclats de voix que je n’arrive pas à définir : dispute ?

Je finis par déboucher sur la route principale. Devant mes yeux une scène insolite : une jeune femme fait des allers-retours, sur le même trottoir. Le trottoir se termine sur un chemin pour reprendre trois mètres plus loin.

Elle fait quelques pas, descend du trottoir, fait les trois mètres pour rejoindre l’autre côté du trottoir. Mais arrivée au pied du trottoir, s’arrête brusquement comme devant un mur invisible et se met à pester et injurier (qui ?). Elle recommence son manège et de nouveau se heurte au mur invisible, et de nouveau peste et injurie. Les gens lui jettent un coup d’œil, baissent les yeux, font un détour pour l’éviter… et passent leur chemin, gênés.

Je regarde la scène de loin, fascinée. Je perçois bien l’handicap de la jeune femme. Mais son manège reste un mystère à mes yeux J’hésite. Dérangement mental ? C’est ce que semblent penser les gens : ils lui jettent un coup d’œil, baissent les yeux, font un détour … et passent leur chemin. Vais-je lui parler ? Lui demander si elle a besoin d’aide ? Et si elle me renvoyait à mes oignons ? Si elle me disait « De quoi vous mêlez-vous, je ne vous ai rien demandée? Je suis capable de me débrouiller toute seule ! Ne va-t-elle pas se sentir humiliée que l’on mette l’accent sur son handicap ? J’aurai trop honte !

Mais je ne peux me résoudre à passer mon chemin. Cette situation est trop » interpellatrice ». Tant pis j’en serai quitte d’une « rabrouade »  mais au moins je n’aurai pas de regret d’un acte manqué. Je traverse et me dirige vers la jeune femme :

– Excusez-moi, je ne souhaite pas vous importuner mais est-ce qu’éventuellement vous auriez besoin d’aide ?

– Je n’arrive pas à retrouver mon chemin. Le chauffeur ne s’est pas arrêté au bon endroit et je n’arrive plus à me situer pour retrouver ma rue.

Je lui demande le nom de sa rue. Je ne la connais pas car je suis nouvelle dans le quartier.

Je lui propose de la ramener à l’arrêt du bus et de la mettre en position de descente.

Nous faisons cela et elle retrouve son chemin.

Le bus s’était arrêté trois mètres avant. Cela a suffi pour la déstabiliser dans le comptage de ses pas. Cette jeune femme était aveugle.

Pourquoi n’avons-nous pas eu le réflexe immédiat d’aller vers elle ?

Nos rapports à l’handicap ou était-ce son immense colère dont nous ne comprenions pas l’origine ? Ou la peur d’être rabroué ?

Et elle, pourquoi n’a-t-elle pas simplement interpellé alentour : y a-t-il quelqu’un ? J’ai besoin d’aide !

L’enfermement a différents visages. Il est aussi de hautes murailles que nous construisons à travers nos peurs de l’autre.

Nous oublions que c’est notre œuvre et n’osons plus les franchir. Derrière il y a juste nos miroirs : l’autre nous-même qui ne demande qu’à tendre la main.

Depuis cette expérience, je reste   attentive à ne pas rater le coche de la rencontre humaine.


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Un commentaire pour Qu’avez-vous fait aujourd’hui ?

  1. arnould dit :

    Moi, aujourd’hui samedi, je suis allée aider à la construction du char des jardins partagés de Toulouse, Carnaval le vendredi 5.4.13.
    Nous étions déjà nombreux au hangar du 27 bis rue Maurice Sarrault à toulouse patte d’oie.
    Il y à un temps pour faire la fête, chanter et rire tous ensemble.
    Les fourmis bossent aux chars pour que les cigales puissent chanter en avril.
    L’an dernier le carnaval revenait aprés bien des années d’absence, et malgré les tragèdies, que nous avions connues, le carnaval fût une réussite.
    Cette année il en sera de même.

    Maryse

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